Cardinal Stepinac
LE CARDINAL STEPINAC: Martyr des droits de l'homme
M. Landercy
Mais, dès le départ, le nombre des représentants invités était loin de correspondre aux régions.

En signe de protestation, Stjepan Radic et Karlo Kovacevic qui étaient élus pour représenter le Parti Croate républicain paysan n'allèrent pas à Belgrade.

Les Croates, en effet, ne pouvaient accepter d'être traités comme "libérés et occupés", mais voulaient être considérés comme des partenaires égaux d'après les statuts d'autodétermination nationale. Stjepan Radic continua donc son activité politique avec plus d'intensité et finit par consolider son mouvement national. Celui-ci, en se développant, prit de telles proportions, qu'il devint finalement une force aussi bien politique que sociale, suffisamment armée pour qu'on dût compter avec elle.

Juste à ce moment-là, Alojzije Stepinac se trouvait à Krasic où le Parti de Radic s'installait, comme partout ailleurs, à travers le pays, et surtout parmi les paysans.

Bien qu'il n'eût jamais fait de politique, le jeune Stepinac ne pouvait pas rester indifférent au mouvement. Mais, ce qui le gênait beaucoup, c'était une certaine manière ambigue et anticléricale du leader du Parti, parfois exagérée.

En poursuivant son travail à la ferme familiale, il continuait à prendre mieux connaissance des difficultés et des joies de la vie rurale. Il s'activait dans la vie sportive de son village et participait aussi à la vie culturelle des jeunes, en les réunissant dans "l'Organisation Catholique Croate". Il était comme un noyau positif de Krasic, autour duquel se réunissait la jeunesse.

En 1922, on organisa une grande fête de la jeunesse catholique Slave à Brno, en Moravie. Mille cinq cents Croates y participèrent et parmi eux Alojzije Stepinac, qui, pendant Ia procession, portait le drapeau croate. En même temps, une grande exposition d'agriculture eut lieu dans la ville. Stepinac y passait presque tout son temps libre, s'intéressant à toutes les nouveautés agricoles.

Pendant toute cette période à Krasic, il ne se lassait pas d'aider les pauvres, matériellement et moralement. Nombreux étaient ceux qui le connaissaient et I'estimaient. D'une certaine manière, cependant, iI restait étranger à la vie du monde qui l'entourait, comme s'il planait quelque part au-delà, comme s'iI ne trouvait pas sa vraie place dans la vie courante.

Parfois, les gens s'arrêtaient à le voir passer, assis sur la banquette de sa charrette, les rênes tenues d'une main, tenant dans l'autre main le chapelet et profondément recueilli. Au fond de son âme, il cherchait toujours car sa voie n'était pas encore claire. Au mariage d'une de ses soeurs, en la conduisant vers l'autel, il était tellement concentré dans la prière, que le curé dut le rappeler à la réalité, pour qu'il cède la place au fiancé! En juin 1922, Krasic bouillait de colère pour un désaccord mineur d'ordre clérical. Les esprits échauffés voulaient créer le désordre Ie jour où l'Evêque de Zagreb devait venir donner la Confirmation. Toute la soirée, la veille de l'arrivée de l'Evêque, Alojzije fit du porte à porte, visitant les familles et discutant calmement pour les faire revenir de la colère sur la voie du bon sens. Sa peine fut récompensée: l'accueil de l'Evêque, le lendemain, fut une réussite.

Fiançailles rompues

Son père, devenant plus âgé, trouvait que le temps était venu pour Alojzije de se marier; il faisait des projets pour assurer une vie convenable à son fils. Au lieu d'accepter une riche héritière proposée, et pour répondre au désir de son père, il choisit Maria Horvat, une jeune fille peu fortunée, dont le père était jadis son instituteur. Ils vivaient à Zagreb. Alojzije lui écrivit et elle répondit. Après quelques échanges de lettres, les fiançailles furent célébrées à Zagreb, au mois de janvier 1924, non selon la coutume qui voulait deux témoins et la présence d'un prêtre, mais de manière plus discrète. Après l'échange des bagues de fiançailles, Alojzije refusa le baiser traditionnel avec le commentaire:

"Cela, ce n'est pas encore un sacrement."

Les deux jeunes gens continuèrent à correspondre, leurs lettres ayant un caractère purement amical. Comme le temps passait, la jeune fille qui était d'un esprit fin et subtil, comprit vite qu'un autre destin attendait le jeune homme. Elle préféra lui faire part de ses doutes et rompre les fiançailles, faisant confiance à l'avenir qui lui paraissait tout tracé,pour Alojzije, si généreux et si croyant. La dernière lettre qu Alojzije lui envoya révélait son désir de donner, s'il le fallait, sa dernière goutte de sang pour que la pensée catholique triomphe en Croatie. Leur correspondance fut trouvée et publiée à Rome en 1975 par Dian Baton sous le titre a "Mladi Stepinac-pisma zarucnici" (Jeune Stepinac-lettres à sa fiancée).

Cette correspondance témoigne d'un idéal très élevé du mariage, fondé sur une Foi profonde. Elle édifie et révèle, particulièrement chez Alojzije, une grandeur d'âme peu commune qui se manifestera dans sa vie de témoin de la Foi.

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