Cardinal Stepinac
LE CARDINAL STEPINAC: Martyr des droits de l'homme
M. Landercy
Acte d'accusation, résultat de préjugés

Je crois aussi que cet acte d'accusation est partiellement une conséquence des préjugés qui se sont formés dans le maquis au sujet de l'Archevêque.

Le maquis entretenait des relations avec le territoire occupé, mais il recevait des informations inexactes, à côté des informations exactes. Le maquis représente la résistance héroïque par les armes, résistance de nos peuples contre l'occupant, mais les combattants n'avaient pas le temps ni l'occasion de se rendre compte de l'activité de l'Archevêque comme purent le faire des centaines de milliers de citoyens de la ville de Zagreb, occupée par l'ennemi.

Il est difficile et il faudra beaucoup de temps pour déformer et obscurcir auprès de milliers et de milliers de fils du peuple croate, à Zagreb, et en dehors de cette ville, cette haute et lumineuse image qu'ils se font de la personnalité de leur Archevêque. Ce procès non plus ne pourra pas atteindre ce but.

Le Procureur insulte l'Archevêque

Le procureur a dit, entre autres, à l'encontre de l'Archevêque qu'il n'était pas modeste et qu'il était un mégalomane. En vérité, l'Archevêque est le contraste vivant de ces défauts. On sait, par exemple, combien il a résisté contre sa nomination au poste d'Archevêque. Nous avons entendu ici de quelle manière il a refusé les postes qu'on lui offrait: la Régence, la prise du pouvoir. II a tout refusé non seulement parce que les fonctions publiques (saecularia) étaient incompatibles avec sa position ecclésiastique, mais aussi parce qu'il était modeste. Son entourage sait, mieux que quiconque, combien il fuit le luxe et les fêtes, combien les apparitions en public l'indisposent; il connaît en même temps son attitude amicale envers les humbles et son mode de vie si modeste, si ascétique.

Quand nous, ses défenseurs, nous lui rendîmes visite à la prison, il nous a dit n'avoir même pas lu les rapports sur le procès de Salic. Nous le crû mes, et cela nous fut confirmé par son entourage le plus proche. Il n'y a qu'un homme de conscience tranquille et pure qui puisse se conduire ainsi. S'il avait eu le moindre sentiment de culpabilité, n'aurait-il pas lu ces rapports, ne serait-ce que pour conformer sa future déposition avec la déposition de Salic et des autres inculpés, afin d'éviter éventuellement dans sa déposition quelques légères différences dans la présentation des faits.

Au cours de l'instruction, l'Archevêque a nettement déclaré qu'il reconnaissait les tribunaux populaires, qu'il ne s'arrogeait aucun droit d'extra- territorialité, qu'il reconnaissait la Constitution - tant qu'elle ne s'oppose pas aux principes moraux de l'Eglise -, qu'il reconnaissait en général les autorités populaires et qu'il désirait un accord entre l'Eglise et l'Etat. Ceci est une preuve également de son innocence, qui ressort surtout de ma documentation édifiante, dont je n'ai mentionné ici qu'une partie. Le tribunal connaît d'ailleurs toute la documentation concernant cette affaire. Ma conscience ne me permet pas d'accepter la proposition finale du procureur.

Conclusion du défenseur

Les journaux ont, ces derniers jours, reproduit de nombreux télégrammes demandant la condamnation de l'Archevêque Stepinac. Le procureur a fait ici état de ces dépêches. Pour ma part, je leur oppose non seulement la déclaration, remise au tribunal, des prêtres de Zagreb, qui contestent les: accusations contre l'Archevêque, mais aussi les priès res des milliers et des milliers de fidèles du peuple croate, qui dans les églises et dans leurs foyers, sans cesse, depuis plusieurs jours, et en ce moment aussi, convaincus de l'innocence de l'Archevêque, prient Dieu pour sa libération, qu'ils considèrent comme le verdict le plus juste. En ma qualité de défenseur, je propose au Tribunal Populaire Suprême qu'il veuille prononcer l'acquittement de l'accusé, Archevêque Alojzije Stepinac.

***

Dernière déclaration de Mgr Stepinac

Le 8 octobre 1946, après la plaidoirie de Me Politeo, Mgr Alojzije Stepinac, Archevêque de Zagreb, fit encore, une voix forte et calme, la déclaration suivante:

"Bien que j'aie refusé le concours d'un avocat, j'accepte sa défense. Je dois compléter son allocution sur le point de vue des conversions religieuses, et souligner de nouveau que d'après les règles de l'Eglise pour les conversions, le responsable est l'Ordinaire compétent de chaque Evêché.

Donc, je ne peux pas être tenu responsable de ce qui se passait dans d'autres évêchés, mais seulement de ce qui se passait dans l'archevêché de Zagreb. Et même dans mon archevêché, vu la situâtion exceptionnelle, des irrégularités surgissaient contre ma volonté. En fait, il ne s'agissait pas de conversions, c'était plutôt une comédie pour laquelle l'Eglise ne peut pas porter de responsabilité. Je le répète: l'Eglise n'a jamais employé la force pour ces conversions.

Je sais très bien que si je n'avais pas voulu accepter et rendre possible certaines conversions sur l'insistance de ceux qui voulaient ce passage religieux, j'aurais été de même aujourd'hui sur le banc des accusés comme étant celui qui n'avait pas voulu sauver les Serbes du massacre.

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