
"Je pense, en vérité, et je ne suis pas seul, que Stepinac est un homme droit qui a beaucoup de caractère et qu'il est difficile de le casser. Il a été condamné innocent, comme il arrive souvent, au cours de l'Histoire, que des innocents soient sacrifiés dans un but politique qui justifie les moyens. Si Stepinac avait voulu céder et proclamer une Eglise croate indépendante de Rome, comme nous le voulions, nous l'aurions glorifié!"
En effet, on lui aurait tout pardonné s'il avait accepté de tomber à genoux devant le communisme.
L'écho de cette condamnation fut grand dans le monde.
La presse étrangère condamna ce procès odieux. L. Breier, le président des Juifs américains, déclara que Mgr Stepinac était avec Pie XII le plus grand défenseur des Juifs persécutés par les nazis en Europe.
De nombreux Etats, et non seulement d'Europe et d'Amérique, ont envoyé des protestations au point que le Gouvernement yougoslave envisagea sérieusement, à un certain moment, d'accorder la grâce à Mgr Stepinac.
Le président de la République croate, Vl. Bakaric, visita, en mars 1947, Mgr Stepinac à Lepoglava et lui présenta un texte déjà tout préparé, pour qu'il le signe, et adresse cette demande en grâce au président Tito, lui disant que tout de suite après, on lui permettrait de quitter le pays.
Mais l'Archevêque refusa. Il ne voulait pas de leur grâce, mais une honnête révision du procès. Il ne voulait pas non plus abandonner ni son archevêché, ni son peuple. L'envoyé de Tito dut rentrer les mains vides.
Réaction du Saint-Siège
La réaction du Saint-Siège fut rapide. Elle se fit dès le 14 octobre par un communiqué de S. Em. le Cardinal Marmaggi, préfet de la S. Congrégation du Concile, chargée de la haute surveillance du clergé et du peuple chrétien. En voici la teneur:
L'action judiciaire par laquelle S. Ex. Mgr Alojzije Stepinac, Archevêque de Zagreb, a été arbitrairement arrêté et emprisonné, puis injustement condamné par le tribunal populaire de Yougoslavie, a fait une profonde impression dans tout le monde catholique et dans la société civile elle-même.
